Belgique, 1995
"Émile, ancien professeur de latin et de grec, se retire avec sa femme Juliette dans une maison paradisiaque, éloignée de tout, avec la certitude d'y couler des jours heureux. Au bout d'une semaine d'éblouissements et de bonheur absolu, voici qu'on sonne à la porte de leur thébaïde : c'est Palamède Bernardin, leur unique voisin, qui va prendre l'habitude de s'imposer ainsi tous les jours, de quatre à six heures, sans dire un mot, ou presque. Cette présence muette, grossière et envahissante, va vite s'avérer plus dérangeante que les bavardages les plus intempestifs. Mais pour le couple, la descente aux enfers ne fait que commencer…"
Gros...tesque
L'histoire est grotesque, ridicule, bizarre mais tellement attachante. Un roman "léger" qui n'a de sens que par la lourdeur de son personnage principal : Palamède Bernardin (gras, vieux et mou). Que veut-il ? Pourquoi souhaite t-il pénétrer l'univers si paisible de ce couple de retraité ? Pourquoi tant de silence ? Les réponses arrivent au fur et à mesure du roman dans une ambiance de plus en plus oppressante.
Le mélange sobrement tragique et passionnément loufoque font de ce roman l'un des meilleurs d'Amélie Nothomb, à mon sens.
Le sujet n'était pourtant pas évident au départ, écrire un roman où il ne se passe rien, où le silence règne en maître ... Il aura fallu la plume de l'auteur pour rendre ce roman extrêmement vivant finalement.