France, 2006
" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "
Un roman à deux vitesses
Parfois passionnant, parfois ennuyant le deuxième roman de Muriel Barbery nous donne une impression d'ambivalence de j'aime/j'aime pas ...
J'aime : sa relation avec M.Ozu (le nouveau propriétaire japonais), son amour caché pour la littérature, la façon dont elle ne déroge pas à son rôle de concierge. J'aime pas : la fin surprenante, ses pensées profondes qui coupent le roman, le vocabulaire élitiste employé par l'auteur.
Voilà un roman entrecoupé de bonnes et de mauvaises surprises qui peine à nous tenir en haleine tout du long. Un roman qui passe le temps, sans plus. C'est dommage car les ingrédients sont là (histoire, personnages...) mais il manque, à mon sens, l'assaisonnement, le piquant qui donnera toute sa saveur au livre.